pomme d'amour petits pépins

coutures et créations pour petits

10 juillet 2009

C'était il y a 10 ans...

C'était il y a 10 ans... tu es arrivé en fin d'après- midi, tout mouillé avec de minuscules petites plumes noires sur la tête, tu ressemblais à un moineau frissonnant. Je n'ai pas pu te garder longtemps contre moi, j'ai dû te laisser partir dans des bras inconnus, dans une cavalcade de jambes et de sabots... je me souviens du bonheur immense et puis le vide, la peur... Je me suis retrouvée seule, dans un couloir sombre, avec des larmes coulant dans les cheveux et ton odeur tiède sur le bout de mes doigts. J'ai connu la chambre vide, mon lit immense et blanc et la place trop grande où manquait ton berceau. Tu n'étais pas très loin, juste au dessus de moi, quelque part, j' ai été autorisé longtemps après avoir souffert du manque de toi , à aller te rendre visite. Et je t'ai vu, petit et nu, allongé sur le dos, les yeux clos, toujours les yeux clos. Tu paraissais si fragile, si fatigué. De ton nez si parfait, si petit, sortaient des tuyaux qui me semblaient beaucoup trop épais. Tu étais perdu dans un entrelas de tubes, de fils, de capteurs gris. Je ne voulais pas tout ça. Je voulais qu'on te laisse tranquille, qu'on te rende à moi. Je voulais que s'arrête le bruit incessant des machines, ne plus entendre les bip- bips stridants.On m'a autorisé à te toucher. Il fallait que je passe ma main dans une petite trappe. Je me suis approchée timidement. Il y avait tellement de chose autour de toi que j'avais peur de déranger un tuyau, de te faire mal. J'ai touché ta peau infiniment douce et chaude du bout de mon doigt... seulement ça. J'ai passé des heures, à te regarder dormir à travers le plastique de ta couveuse, je guettais les frémissement de tes paupières, le tremblement de tes doigts. Je voyais ton ventre lisse se soulever péniblement, imperceptiblement, et puis se creuser juste après en un effort considérable. Je ne faisais rien d'autre que te regarder. Je ne servais à rien. Je ne te donnais pas mon lait, ni mes bras, ni ma voix en chuchotement au creux de ton oreille. Pourtant j'en avais des chansons jolies qui ne demandaient qu'à gambader vers toi. je restais là, sur mon tabouret de fortune, à laisser mes larmes sortir de mes yeux, à me faire bousculer par les soignants, par leurs gestes et leurs mots durs... Ils ne savaient pas, et répondaient du bout des lèvres à mes questions, essayant de se débarrasser de mes yeux tristes. Je ne te prennais pas en photo. J'arrivais le matin près de toi, après avoir fait ma toilette et avoir mis du rose sur mes joues pour me faire un peu jolie pour toi. Je tenais mon appareil photo serré mais jamais je n'arrivais à m'en servir.

Au bout de plusieurs jours on m'a dit qu'il fallait que je m'en aille. Que je devais rentrer chez moi, que je prennais le lit d'une autre maman. Ca non plus je ne le voulais pas, mais je n'ai pas eu le choix. Des préparatifs de mon départ, je ne me rappelle rien. Juste le souvenirs de moi assise sur les marches de l'hôpital, le soleil en plein sur la figure, ses rayons faisant couler mes yeux. Il y avait d'autres maman autour de moi avec leurs sacs et leur sourires, un papa tout niais pas très loin tenant à bout de bras un couffin un peu lourd. Et moi, je m'en allais avec mon bouquet de fleurs et ta valise pleine; tes petites brassières, tes chaussettes blanches, rien, on m'avait dit que je pouvais tout ramener avec moi puisque rien ne te servirais là- bas.

J'ai détesté ce jour, où l'on me disais qu'il fallait que je me reprenne, j'ai détesté ces voix qui m'ont dit ça. A la maison, j'ai tourné en rond, je ne trouvais pas ma place. Je me cognais aux choses, je me heurtais aux autres. J'avais mal de ne pas être avec toi. J'étais vide de toi.

Je pensais à toi, tout le temps, perdu au milieu de tes tuyaux froids, sans mes mains pour te réchauffer les pieds, sans mon ventre pour te réconforter. Toi, dormant et luttant dans toute cette lumière aveuglante, sans mon épaule où te réfugier, te cacher...

Et puis un soir, le téléphone a sonné et on m'a dit d'une voix chantante que tu était tiré d'affaire, que tes analyses de sang étaient très bonnes et que ce n'était plus qu'une question de jours pour que l'on puisse venir te chercher et te ramener chez toi. Je suis venue immédiatement à l'hôpital. On t'avais débarrassé de tes noeuds. Tes bras étaient libres. Ne restaient plus que les vilaines traces des sparadraps sur ta peau fine. A mon arrivé, on t'a sorti de la couveuse et on t'a mis dans mes bras. On m'a dit que, si je le souhaitais, je pouvais t'habiller. Haaa...

C'était la fin d'un chapitre et le début de notre vie. Je t'ai promis ce jour là, qu'on allait rattraper le temps perdu et c'est la première chose que l'on a faite, quelques jours plus tard, quand on t'a ramené jusque chez nous, dans ton petit couffin... et l'on s'est aimé, aimé, aimé...

coco

Bon anniversaire mon amour... Je t'aime mon unique petit garçon, mon Colin

Posté par mamaco à 12:00 - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

26 février 2009

Ouvrir des portes... encore et encore, avec précaution et puis avec habitude... Fermer d'autres portes, définitivement, savoir que plus jamais on ne cherchera leurs serrures, plus jamais on ne posera les doigts sur leurs poignées...et malgré tout se surprendre , après tant et tant d'années, à avoir encore en tête la lourdeur de leur bois, le bruit de leur claquement... se souvenir de ce petit bout de vie, ce petit bout  de  nous que l'on a laissé derrière cette porte, penser au temps qui se presse et nous bouscule, se voir aujourd'hui , se rappeler de ceux qui nous accompagnaient autrefois, de ce qu'ils sont devenus, de leurs au revoirs... Penser à moi petite fille... qui se demandait souvent combien elle aurait d'enfants... ce serait des filles, peut- être un garçon... non! pas de garçon, c'est embêtant les garçons... il n'y aurait que des filles avec lesquelles jouer à la poupée , à la marchande des quatres saisons, à la dînette, à la coiffeuse...  Penser à ce temps d'alors qui se traînait, se languissait derrière la porte d'une chambre d'enfant...  Des rêves, des idées, des histoires poussiéreuses qui me reviennent parfois. Et penser à toi... mon unique. Finalement, les garçons ce n'est pas si embêtant que ça. Il suffit de voir tes yeux, ton sourire... Il me suffit de respirer ton odeur pour retrouver un peu de ce parfum d'enfance qui, autrefois habitait mon lit. Il me suffit de te laisser m'expliquer les choses, me les raconter pour pouvoir, alors, ouvrir à nouveau toutes ces portes, toi derrière moi, te penchant doucement pour y glisser de petites cales, pour que plus jamais elles ne se referment ...

carte_coco

(carte postale trouvée au Monop' et qui m'a coupée le coeur en deux, en trois, en mille morceaux, tu me manques...)

DSC09731

Posté par mamaco à 14:57 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 mai 2008

crise foudroyante...

Crise foudroyante

de flemmardite aïgue...

Voilà!

C'est ce que j'ai ramené de mes vacances,

et c'est extrèmement contagieux...

Du coup, plus de travail, plus de création, juste un peu d'énergie ( mais vraiment  très peu) pour aller de la chaise longue à la couverture étendue dans l'herbe et ... c'est tout!

Faut dire qu'avec ce soleil qui était tellement attendu, réclamé, guetté, ce serait bête d'en louper ne serait- ce qu'une miette!

Mais bon, je vous mets quand même quelques photos de mes vacances qui ont été ...remplies, intenses et fatigantes...si si...

DSC06101

Alors, bravo à toutes, vous avez deviné, j'étais bien à Etretat...

Et quel régal !

DSC05847

DSC06064

DSC06238

DSC06207

DSC06211

DSC06014

Cette photo, je l'adore  (vilaine maman!!)  trop drôle la chute en direct...

Malou dirait " oh la tonche "...

Je suis revenue donc, avec des images plein la tête

et des souvenirs plein les poches

DSC06434

des galets troués pour voir le bonheur au travers, du bois flotté à caresser

et des trucs rouillés qui ne demandent qu'à vivre une seconde fois...

Un grand merci pour vos commentaires qui me souhaitaient de bonnes vacances,

plein de grosses bises, et, promis je me secoue et me remets au travail ( dès que le soleil se cache)

Posté par mamaco à 18:27 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
« Accueil  1