28 janvier 2009
Photomaton...
Un cliché pris sur l'instant, une fesse en équilibre sur le tabouret à vis, le rideau à demi tiré... la petite main rassurée par la plus grande, la pièce brillante glissée dans la fente, le bouton ... et puis le sourire... Repartir avec ses quatres jolis minois, les découper soigneusement en tirant la langue, en garder un, précieusement, le glisser sous l'oreiller pour les nuits de bleus au coeur, l'emporter partout avec soi comme un talisman contre les sorts mauvais, le regarder, souvent, encore et encore, sans jamais s'en lasser... s'émerveiller à chaque fois... Un cliché pris sur l'instant, comme ça, sans chichis, au détour d'une allée, derrière le grand magasin, céder la dernière pièce du porte- monnaie pour se payer, ô délice, du bonheur pour l'éternité.
01 juillet 2008
Le manque...
Chère Malou
Quand j'étais toute petite, à chaque fois que je partais en vacances, c'était la même histoire: au bout de quelques jours seulement tout me manquait; ma maison, ma rue, ceux qui étaient restés là- bas. C'était plus fort que moi je ne pensais qu'à ça, tout me rappellait à eux. Les brins d'herbes me faisaient souvenir d'autres brins d'herbes, j'essayais de retrouver les parfums aimés et je regardais le ciel en espérant que l'Autre le regardait aussi.
Je vivais, je jouais, je courais... mais en moi silencieusement s'était allongée la douce mélancolie du manque et les journées s'enroulaient longues et mornes.
Aujourd'hui, je suis grande.
Enfin, je crois.
Mais ce matin, je l'ai reconnue, frêle et timide, elle était revenue, après bien des années d'abscence, la douce mélancolie du manque. Je l'ai prise dans mes bras, je l'ai serrée fort, ma vieille amie. Et je l'ai laissée prendre place à l'intérieur de moi et me piquer le coeur de mille blessures minuscules.
Ce n'est pas moi qui suis en vacances.
C'est toi, Malou, qui est partie loin de moi, pour la première fois.
Et tu me manques.
Je cherche tes yeux, tes petits doigts, j'attends ton sourire... je retiens ma respiration pour garder en mémoire ton odeur plus longtemps. Le rire des autres enfants font trembler mes cils. La nuit quand je me retiens au sommeil, je répête doucement les petits mots de toi, que tu me dis aux heures douces de la journée, comme pour ne pas les oublier, je les fait tourner sur ma langue, aussi bien que mes tables de multiplication, je m'applique pour que demain je me les rappelle encore.
Je t'attends, reviens moi vite.
En attendant ce moment, j'enroule le fil des heures autour de mon petit doigt, et quand, enfin, tu seras de nouveau près de moi, je te mangerai de baisers et pour ralentir un tout petit peu la course du temps, je casserai ce fil et rangerai quelque part, dans un endroit secret, la petite pelotte de ma souffrance.
Je t'aime ma petite belette
16 mai 2008
Mon amour...
Le temps passe si vite, il me file entre les doigts, j'ai beau essayer de le ralentir, de le retenir au creux de la paume de ma main, je ferme les yeux, je retiens mon souffle, rien n'y fait. Le temps passe si vite mais je me souviens de ce jour comme si c'était hier. C'était aussi un vendredi. Le même soleil qu'aujourd'hui brillait dans le ciel. Dans l'air flottait le même parfum, la même odeur de promesse et de bonheur. J'avais du mal à y croire. J'ouvrais mes yeux en grand sur ce qui allait venir. Je n'étais pas certaine que ce bonheur était pour moi. Ce matin là, je tremblais de mon corps tout entier et mes jambes de papier ne me portaient presque plus. C'est le vent qui me soulevait, moi si petite, si pas grand- chose, et me portait presque vers toi, vers ma rencontre avec toi... Chemin faisant, je laissais derrière moi, le goût des mauvais jours et des désillusions. J'abandonnais toutes les petites mesquineries de la vie aux mauvaises langues qui pendaient déjà jusqu'à terre. Je me moquais de leurs façon bien pensantes de dire et de faire, j'étais bien loin de tout ça puisque l'on me portait jusqu'à toi... Le temps passe si vite mais je me souviens de tes yeux troubles et orageux lorsqu'ils se sont posés sur moi de la même façon qu'ils se posent aujourd'hui sur le monde et sa gravité. Tes yeux me reniflaient, me reconnaissaient et renouaient ce qui avait été défait, un moment plus tôt, à cet instant où l'on te séparait de mon corps et où l'on se retrouvait seules et un peu perdues. Depuis cet instant, ton regard ne me quitte plus, ni tes mains, ni ta peau et moi j'en redemande encore, de ta bouche dans mon cou, de tes bras autour de ma taille, de tes pieds dans mes souliers qui se glissent pour voir si tu as grandi... Tu es si heureuse, il faut voir comme tes yeux brillent quand tu pose ta main sur la mienne et que tes doigts recouvrent presque entièrement les miens. Tu es heureuse d'être grande presque autant que moi, et moi, je prends du plaisir à me laisser vieillir ainsi à côté de moi. Tu es si jolie, ton regard est si vif et clair, je suis très fière de toi, de vivre cette vie avec toi, toi qui vas bientôt me dépasser, ma chérie, ma grande, mon amour...
Bon anniversaire mon adorée










